dimanche 7 novembre 2010

CHRONIQUES du cours de théâtre pour adultes 2009 par ALEXANDRA !


Le jeudi soir de 19h30 à 22h30 du 12 février au 25 juin 2009 Au studio RMX 193, rue du faubourg Poissonnière PARIS 9e   BLOG crée par Alexandra : http://atelierdujeudi.blogspot.com
TEXTES abordés : Le Misanthrope de Molière. Le Jeu de l’Amour et du Hasard de Marivaux.Oncle Vania de Tchékhov. Macbeth de W. Shakespeare : Les trois sorcières. La tempête de W. Shakespeare : Ferdinand et Miranda, Prospéro et Ariel. Peer Gynt de Henrik IBSEN : Acte II, Peer, la femme en vert et les trolls. Un air de famille de Jaoui & Bacri (avant-scène théâtre quatre vents)

Extraits des chroniques de l’atelier par Alexandra :

Jeudi 12 février
...un tour de piste et quelques décrochements de mâchoires, et c’est Nicolas qui ouvre le feu. Camille et Alexandra se perdent ensuite dans leurs buissons, essayant d’élargir l’espace tout en se rapprochant, et inversement. François-Denis tente un rapprochement subtil et discret auprès de Camille alors que Doan, dont l’amour pour Alexandra ne cesse de grandir, lui dévore avidement la main. Toutes griffes dehors, Clarisse et Florence nous offrent une belle démonstration de leur amitié (...) Adrien quant à lui, irrité par ce plaid qui ne cesse de glisser et cette goutte (qui elle ne glisse pas) se plaint auprès de Christine, davantage préoccupée par cette fenêtre : l’a-t-elle bien fermée ? Véronique les rejoint, puis Hervé,mais ce dernier est bien rapidement abandonné, se retrouvant seul face à nous, à soliloquer sur sa chaise. Véronique et Christine se demandent comment faire pour boire PUIS s’embrasser dans le même verre. Ainsi sonne l’heure de la réconciliation, tout comme celle de la fin du cours... La petite troupe s’éparpille dans la nuit.

jeudi 26 février 
Les retardataires sont menacés par le fouet de Julie-Anne. Mon arlequin Doan me fait faux bond, pfff, tu parles d’un soupirant. Donc : le cercle de mains chaudes, moites ou gelées (...) Le sable, la mer, sous les tropiques ou la plage de Kervel au choix mais le vent fouette : tous aux abris. ça s’appelle la mémoire sensorielle. Prennent alors vie, comme par magie, le scooter d’Adrien, le lampadaire d’Hervé ou le fil à linge de Véronique. Nos fantômes se croisent ensuite dans des pièces imaginaires aux murs improbables. ça s’appelle l’impro et il faut accepter de revêtir une robe orange pour se fâcher avec sa jumelle Camille, bleue électrique. Les serveuses Florence et Camille se crêpent le tablier et s’arrachent le chignon, laissant Véronique et François roucouler dans un coin...

Jeudi 5 mars 
...c’est parti pour l’onde de choc qui file entre nos mains. Arrivée remarquée d’Adrien car au Festival des chaussettes, à l’unanimité, c’est lui qui remporte la palme (...) Thème du jour : la voix et le sous-texte (ahhhh, le sous-texte !) ...Alors là tout se complique : partie endiablée de ping-pong avec nos répliques préférées MAIS avec sous-texte* (rappel de ce qu’est le "sous-texte" en fin de résumé pour les étourdis) (...)on a encore du pain sur les planches : 3 "versions" imposées d’un extrait de notre scène. Alors on se la joue coupable (François-Denis), moralisateur (Hervé), lasse (Clarisse), accusé (François), accidentée (Véronique) (...) On a bien failli avoir les 5 actes du Misanthrope, mais, sauvés par le gong, on quitte les chaussettes pour les bottines. La semaine prochaine c’est brunch-vodka à 19h30 chez l’Oncle Vania (perso je ne connais pas, mais je me méfierais de la moralité d’un type avec un prénom de serviette hygiénique). *Sous-texte : "Le sous-texte est la partie imergée de l’iceberg, ce que le personnage ne dit pas mais qu’on peut essayer de deviner..." (Le Blog de Mangelune")

Jeudi 12 mars 
...tartines dans le couloir transformé en salon russe fin 19e siècle pour découvrir qu’Elena cache bien son jeu et que tous, il les lui faut TOUS (Vania, Astrov, Serebriakov), alors que la pauvre Sonia n’a même pas droit aux miettes (de la tartine d’Elena) (...) Sonia et Astrov s’y collent et se cogent à l’épreuve du buffet qui recèle ce fameux fromage au goût de madeleine que FrançoisAstrov veut absoluement boulotter avant d’y avoir été invité. Ce qui a le don d’exaspérer VéroSonia qui s’agace et s’agace encore pour enfin trouver ce moment de grâce où, les yeux perdus dans ceux de son écolo alcoolique, elle touche de sa petite main frêle et champêtre la paluche de son médecin préféré.
Jeudi 19 mars ...L’air s’emplit d’une ambiance mystico religieuse (merci François pour ce choix musical des plus primesautiers) qui nous plonge dans les tourments d’Astrov... Le constat est triste : pas de petite lueur même si tout le monde a bien remarqué cette petite flamme affolante qui vacille au fond des yeux de VéroSonia... ElénaChristine je fais mine de résister à FrançoisAstrov qui s’offre à son corps défendant pour ensuite, à peine quelques minutes plus tard, lui donner RV dans un fourré... Arrivée des trois sorcières, toutes perruques dehors. Là c’est clair qu’on est pile dans notre registre, pas besoin de nous pousser trop fort (sauf pour la voix, aïe aïe) pour jouer les vilaines aux yeux crochus et au rire diabolique...ça sent la langue de chien, la bile de chèvre et le pied de grenouille...

Jeudi 2 avril  
Que d’un bras (Julie-Anne précise qu’Alexandra qui ne pouvait venir le 26 avril ni donc assurer sa chronique hebdomadaire, est venue avec une épaule immobilisée, ça c’est de la motivation !!!) ...nos chères petites algues se transforment en vilaines sorcière au son de Prokofiev. Même Sonia, pourtant si douce en apparence, s’enracine dans ses tourments face à un Astrov qui ondule devant elle... Coup de tonerre, éclairs qui zèbrent le ciel pour l’entrée en piste des trois sorcières dans le cercle du chaudron maléfique... Parlons grave et fort sans oublier les postures. L’action suit la parole ne mélangeons pas tout... Délivrées du sortilège nous nous ruons sous le robinet décrassant et désaltérant. Entrée en piste dans une "danse amoureuse" (François a fait répéter au moins trois fois l’adjéctif à Julie-Anne) de deux trolls nordiques qui batifolent avec délice... Tour de pioche dans un chapeau imaginaire pour un jeu d’échange de rôles qui, d’un coup de baguette magique, transforme François en Célimène, Camille en Arsinoé... Très drôle, très instructif et aliénant aussi : un peu la sensation de voir un petit morceau de soi détaché de son corps (bon OK, je dis ça parce que mon bras pendouille un peu...) Les émotions s’exacerbent sous les indications de Julie-Anne. Le bilan est positif car chacun y a trouvé un compte créditeur de quelques bonnes pistes pour la suite.

Jeudi 9 avril. 
Pas de chronique amusante de cette soirée car il nous manquait notre irremplaçable Alexandra. A défaut, et pour tous les absents, la prof tente un résumé... Ayant décidé de commencer à l’heure et de transformer l’échauffement décontractant en échauffement tonifiant, nous commençons en tout petit comité par dérouiller les articulations et surtout… les genoux (et dans Genou il y a ? ...) Respirations sonores pour gagner en amplitude et embrayer la voix, sons débridés, voyelles projetées, regard ouvert à l’espace et aux autres, rencontres, réactions, jeu… Le jeu est là : dans l’interaction. Pause (en brochette) :  Puis « actions » (nos improvisations où il faut atteindre un but, si possible en allant droit au but ! Il ne s’agit pas de s’éterniser mais d’agir au plus juste, un texte ce n’est qu’une série d’actions, on a pas besoin de dizaines de phrases pour les réaliser !) Des actions donc, à choisir et à « préparer » (c’est-à-dire à situer dans un contexte, en lien avec le partenaire, avec chacun son objectif). Les bavards ne sont pas prêts… Tant pis, tout le monde à l’eau, ne poussez pas ! Enfin, reprenons nos petits livres, voici de nouveau Peer Gynt et la femme troll en vert, cette fois-ci avec Nicolas (mais ne vous inquiétez pas, le chapeau magique des échanges de rôles repassera !) Mieux que ça le chahut les enfants !!! Et notre Vania entre-les-encriens qui nous a bien manqué, entre en piste suivi de Florence dans sa première interprétation (un peu au dépourvu…) de la vieille nounou qui seule compatit aux malheurs du pauvre vieux goutteux qui pourrit tout le monde... échange entre Vania et Elena avant qu’Astrov, complètement ivre, ne débarque et prête l’oreille au désespoir du petit oncle que Sonia supplie de se reprendre tandis que celui-ci, perdu dans le souvenir de sa jeunesse et de sa défunte sœur, colle un gros baiser à sa nièce (de ces gros baisers bruyants qu’on colle aux enfants) parce que Sonia ressemble tant à sa mère… Et enfin La Tempête qui a laissé Ferdinand, héritier du royaume de Naples, pour seul naufragé sur l’île du magicien Prospéro. Ce dernier y vit en exil depuis le plus jeune âge de sa fille Miranda qui n’a jamais vu d’êtres humains, hormis son père, avant Ferdinand…
Une chroniqueuse du groupe s’était cachée sur Facebook... Alors Clarisse ?Voici un extrait de son récit : ...on corse un peu les choses, prenez-tous un texte en main, on va travailler les émotions !! Quoi ? ...chacun grimace, se contorsionne pour réveiller le monstre en lui. Maintenant qu’on a tous bien réveillé nos corps, continuons sur notre lancée. Explorons la colère qui est en nous ! Allez, vas-y, plus fort, sors ta voix ! "Comme si c’était vrai !!!!!" hurle Julie-Anne hors d’elle !...on passe aux pleurs ! "ouinnnnnnnn" Attention, c’est pas les larmes de crocodile, c’est la crise de larmes à la "j’ai perdu mon doudou ouinnnnnnnn"

Jeudi 23 avril 
"Chiffons & Cie" (Alexandra nous est revenue ! le médecin ne l’a pas amputée.) ...figurez-vous que marcher à reculons les yeux fermés, c’est être avec soi, et marcher en avant les yeux ouverts, c’est prendre ses repères selon les uns, se sentir oppressé selon les autres, s’ouvrir aux autres pour la plupart. Alors il faut essayer de ré-équilibrer : regarder panoramiquement sans fixer son attention sur quelqu’un en particulier, bref, comme je l’ai dit si platement : « regarder rien pour tout voir ». On se moque, ça pouffe, mais tout le monde a compris ! Sur une musique légère puis grave puis légère de nouveau, nous inventons un personnage hybride (un peu de nos « personnages » attitrés + un soupçon de je-ne-sais quoi) et ça donne des bras qui s’agitent, des pieds qui sautillent, des genoux qui frétillent, des regards complices et compatissants (car c’est pas toujours facile l’expression corporelle spontanée, hein !) Après une lecture sage et appliquée par Clarisse, François-Denis et Hervé, dans une semi-obscurité et un joli contre-jour, Julie-Anne fait le point la pause, et pose le poing – enfin le doigt – sur nos attentes (du cours), nos envies, nos regrets, bref, un long tour de cercle, l’occasion pour chacun de s’exprimer (…) Du fond de la salle, monte le grognement inquiétant du roi François-Denis, qu’Adrien et moi avions tout d’abord identifié comme étant le râle sauvage d’une quelconque bête fauve tapie dans les WC… Vieux troll Hervé et petite trollette Véro s’agitent à la barbe de PeerNicolas, qui en bave, et même en crache lorsqu’on le berne avec su pipi de vache servi en bouteille de Volvic (qu’on tentait de faire passer pour un délicieux élixir dans un bol d’or.)

30 avril
… le petit cercle et hop l’onde qui passe de main en main et zou le plateau qui s’équilibre, se déséquilibre, bascule, se rétablit vite (pas comme la bande d’éclopés que nous formons : la nuque par ci, l’épaule par là). Toutes les voyelles y passent, les ttt en gonflant le ventre (et en pensant à respirer quand même, hein Florence), les caresses avec l’arrière du genou (si si faut essayer c’est super hot). Naturellement tout le monde met au moins trois mètres de distance avec Véro (cf, son coup de poing à Christine la semaine dernière pour les absents) qui est très sautillantes ce soir et nous offre des figures aériennes dignes d’un bon film de kung-fu (tous aux abris !) Bon, ce soir faut qu’on se tienne à carreau, on a un VIP, king Edouard, fils de sa majesté François, qui vient nous observer (un peu), se moquer (il a le droit), participer (ah oui, alors là, il a intérêt) et bien s’amuser (sans doute), surtout lorsque l’image du père se délite littéralement sous ses yeux : François, tout de orange affublé et qui nous fait des effets de cheveux imaginaires de la main gauche en prenant une voix de crécelle célimenesque. Le chapeau avait auparavant désigné Hervé dans la peau de Héléna, et hop un coup de robe orange plus tard il m’aide à remonter ce fichu plaid qui glisse toujours sur cette goutte. Un vrai jeu de rôle, on ne sait plus qui est qui, qui fait quoi et pourquoi mais on en apprend toujours un peu plus sur soi en regardant les autres, non ? Les trois sorcières ont craché tout le venin disponible en fond de gorge (double, trouble, peu importe, après tout)… Et alors là les mythes s’effondrent : les jeunes filles de bonne éducation se transforment en cailleras des bas quartiers, et ça parle mal, et ça graphe et ça deale… le plus effrayant c’est que tout est fait avec un tel naturel… (Florence et moi nous nous sommes outrées, après nous être faites écrabouillées par une météorite surgie de nulle part qui s’appelait Albert.)… Nous reprenons nos esprits et nos textes d’un Air de Famille qui nous rassemblent autour d’une table pour l’anniv de YoyoFlo qui reçoit en cadeau un chien Biniou – qu’il faudra arroser. Vous voulez que je vous dise : un chien ne vous décevra jamais.

11 juin
La dream team presque réunie au grand complet, îlots statiques unis par des mains moites, froides, chaudes, stressées (ou les 4 à la fois) pour l’interminable anneau magique qui nous oblige à expirer bruyamment vers un centre imaginaire, à décrire à voix haute nos ressentis les plus muets, à imiter le bruit d’une mobylette avec sa bouche (sans cracher) tirant face à soi ce fil dentaire imaginaire qu’on essaie tous d’attraper au vol et on s’envole aux quatre coins du plateau, pétaradant de nos bouches et de « délé-délé-délé » coincés en patate chaude au fond de la gorge (ça fait moins mal) sautillant tel des boxeurs du dimanche ou du jeudi pour trouver des partenaires de duo d’impro : quand les poules auront des dents, Adrien et moi auront les crocs pour nous jeter sur François-Denis à son retour d’Abou Dabi, etc, etc.

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