samedi 3 septembre 2016

Un livre qui nous aide : La petite fille dans la forêt des contes, de Pierre Péju. Extraits :

Dans son livre La petite fille dans la forêt des contes, PIERRE PEJU nous invite à prendre conscience que l’enfant concerné par les contes, ce n’est pas forcément le jeune humain mais une part de nous qui est l’une de nos ressources fondamentales tout au long de notre vie (même si nous l’étouffons parfois sous l’impératif d’une normalité autoritaire). Péju écrit :Il est cette ouverture, ce courant de rêveries que seule permet la part d’enfance de l’homme... Chacun de nous, pour l’équilibre de ses forces, a besoin d’une communication avec cette enfance. L'auteur nous invite aussi à ne pas réduire les contes à des interprétations dogmatiques, symboliques ou moralisantes pour que demeure leur plein potentiel, régénérateur de nos âmes et de notre rêverie. Il écrit : certains lambeaux de rêves qui persistent dans notre existence diurne jouent dans notre vie un rôle comparable... Nous avons besoin des contes, besoin de cette part obscure en eux, ce noyau d’ombre qui se dérobera toujours à toutes les interprétations.” 
 
L’idée d’un être-petite-fille se trouve au creux des contes traditionnels, c’est le déplacement de l’enfantin qui, sous les traits d’une petite fille, se dérobe le plus radicalement aux valeurs dominantes. Le conte - expression de l’inconscient collectif et production d’inconscient (création d’images, réalisation de possibilités mentales) - ne pouvait que parler de cette attitude active et marginale des filles qui, refusées ou écrasées, ouvrent momentanément d’autres voies.
Seulement voilà, la plupart des contes traditionnels ferment en achevant tout ce qu’ils ont ouvert (ou laissé entendre) afin que tout rentre dans l’ordre. Ils montrent l’échappée de la petite fille et ils décrivent aussi comment elle est piégée, reprise, réinstallée, en un mot faite reine ! Heureusement pour tout le monde, les contes ne représentent pas seulement une leçon pour faire accepter un destin ou une initiation, mais plutôt un exposé.
Les contes livrent des images d’égarement. Ils parlent aussi bien du désir que des limites de l’existence. A ceux qui écoutent ou racontent, de jouer avec les images, de réfléchir, de rêver ou de choisir.
 
 Le thème de l'homme qui apparait et vous enlève revient comme l'image clé de centaines de récits... car lorsque l'imagination s'empare vraiment du récit, elle ne peut que vouloir faire basculer l'ici vers l'ailleurs et inventer des êtres de passage, des passeurs et des procédés d'évasion... [qui nous ouvrent] d'autres perspectives sur le Désir.
Il s'agit moins d'un symbole que d'une force. Ravisseurs, fées, enchanteresses et séducteurs ne doivent pas être confondus avec des symboles du père et de la mère ou avec des représentations idéales ou angoissées du masculin et du féminin. Ils sont des images bien plus vastes et mouvantes que des symboles univoques.
...la fin du récit, qui pensera qu'il sont vraiment morts?...

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