lundi 11 mars 2013

La notion de développement personnel : enrichissements

Bonjour à tous.
Toujours dans l'idée de préciser notre propos (qu'est-ce qu'on appelle "développement personnel" ? Que faisons-nous, que cherchons-nous, en ateliers ?), nous enrichissons nos références des travaux de et sur VYGOTSKI.
Voici la page "notion de DP et références" du site www.entre-les-encres.com complète :
 
Ouvrages recommandés : Le développement personnel de Michel Lacroix, Flammarion, 2004. Et pour aller + loin sur la notion de "développement humain" (en dépassant Maslow et Piaget) : Vygotski maintenant sous la direction de Yves Clot, La Dispute, 2012.
 
Michel Lacroix, préfacé par un médecin psychiatre à l’hôpital Sainte Anne à Paris.
Réflexion menée par l’auteur :
  • le "développement personnel" se distingue de la psychiatrie dans la satisfaction ou la carence de besoins d’épanouissement / besoin de soins ;ou d’après le psychologue Abraham Maslow "besoins d’accomplissement / besoins psychologiques de bases que sont les besoins d’appartenance, d’affection et d’estime").
  • si l’auteur situe une base doctrinale et scientifique via Maslow, la notion de développement personnel renvoit ensuite à un ensemble de méthodes de travail sur soi
  • le développement personnel, dans cet ensemble, recouvre deux objectifs 1. le renforcement du moi ou égo dans un but d’efficacité 2. l’aspiration spirituelle à un dépassement de l’égo. L’auteur évoque un "dualisme de la réussite et de l’aspiration métaphysique, de l’efficacité professionnelle et de la vocation spirituelle, de la performance et de la transcendance"
  • le "développement personnel" reflète des phénomènes actuels (évolution du travail et des conditions de travail, révolution industrielle et mécanique puis médiatique, mondialisation, perte de repères et de sens, évolution de l’individualisme...) et subit et nourrit des influences idéologiques dont peuvent découler certains dangers (désinvestissement de la citoyenneté, dérives néo-libérales comme "l’individu est entièrement responsable de tout ce qui lui arrive", spiritualité confondue avec hédonisme pur...)
  • le développement personnel peut servir à se manipuler l’esprit (en se berçant de certaines illusions comme celle d’une toute puissance de l’individu sur lui même ; et conséquemment sur le monde) ou manipuler les esprits dans une volonté énoncée d’autonomie ou d’adaptation et un résultat d’aliénation (comme le management poussant à la suradaptation au combat économique dans des conditions qui altèrent la santé...)
  • donc le développement personnel ne se situe dans une perspective d’épanouissement que si ses limites sont bien définies et que la démarche des formateurs respecte une éthique. Pour l’auteur "c’est une vision réductrice de la réalisation de soi qui triomphe de nos jours ... la technicisation de la vie intérieure." "Dans la perspective de Maslow, "affirmer le moi" voulait dire mettre ses ressources au service des valeurs " (morales) répondant au besoin du Beau, du vrai, du juste", "[pour Maslow] "accroître ses compétences" ne se concevait qu’en références à des fins élevées : la création artistique, la recherche de la vérité, le triomphe de la justice, l’exercice d’une profession accomplie avec conscience, la charité, l’entraide, le service du bien commun, la compassion. Le développement de la vie intérieure était un authentique enrichissement de la sensibilité, un apprentissage de l’admiration et de la contemplation (...) Ainsi arrimé à l’idéalisme, le développement personnel constituait une véritable culture de l’âme".
 
Vygotski maintenant.
La notion de "développement humain" :
(chapitre V Le développement comme TRANSFORMATION par appropriation des oeuvres de la culture. Michel Brossard.)
  • le développement est le fruit d'un processus d'appropriation, c'est à dire de l'ensemble des activités pas lesquelles l'individu fait sien ce monde humain, le monde des différentes productions culturelles initialement extérieures à lui.
  • Ce processus n'est pas la réalisation d'une essence préexistente ni l'habillage d'une nature initiale par couches successives d'apprentissages culturels, mais une TRANSFORMATION, qui a lieu dans l'individu, par la création de nouvelles formes d'activités.
  • La construction du psychisme humain ne relève donc pas de la formation mais de la transformation, ne procède pas par implants, modelage ou inculcation mais par production (par et dans la personne en relation), d'un nouveau niveau de réalité.
  • Rôle des signes : outils sociaux de sociabilité intelligente; gestes communicatifs ritualisés qui s'organisent en systèmes et qui présentent cette particularité d'être bi-orientés (ils peuvent s'adresser à autrui mais aussi à soi-même). L'activité au quotidien (travail cognitif inconscient) produit les concepts quotidiens (ancrés dans l'expérience et le concret). L'activité scolaire ou reflexive manie et produit les concepts scientifiques (dont la force est la généralisation, ou la systématisation) et les passages entre ces deux types de concepts sont incessants.
  • Vygotski (dans Apprentissage et développement...) : L'enfant ne se contente pas de collecter des faits, il construit des "cosmogonies".
(chapitre XVI Bernard Prot p.329 CORPS ET AFFECT)
  • concept et affect son indissociables parce que sont pareillement inséparables l'activité psychique et les activités cérébrales (Vigotski Théorie des émotions).
  • l'une des tâches du développement humain consiste pour chacun à habiter son organisme pour en faire son corps.
(chapitre XVII Jean-Luc Tomàs p. 347-348)
  • les travaux de Wallon, Ajuriaguerra... Bullinger... ont identifié l'importance du "dialogue tonico-postural" dans la construction du corps comme expérience des systèmes sensori-moteurs par la médiation du milieu humain. pour Bullinger (Le développement sensori-moteur...) : "l'organisme comme support d'actions matérielles mais aussi comme moyen d'expression vers son milieu"
  • l'une des tâches les plus importantes de son développement : "habiter son organisme pour en faire son corps". De notre côté, nous estimons que ce travail n'est jamais complètement abouti et que le corps, quel que soit l'âge, reste une conquête de tous les jours.
  • ...les fonctions toniques et posturales, les interactions, les activités conjointes, les attitudes, les expériences, l'histoire biographique du sujet vont s'entremêler pour être alternativement source et ressource...
Julie-Anne Sztokman va plus loin, dans la continuité des travaux de la somato-psychopédagogie en citant l'une des élèves de Danis Bois et Eve Berger : "MON CORPS C'EST MOI!"
L’association Entre les Encres propose un travail sur le TONUS, un travail sur soi au niveau de l’aisance corporelle et verbale, de la communication intra et interpersonnelle, et du rapport au public dans un souci d’efficacité mais aussi d’enrichissement de la vie intérieure, dans la volonté de respecter des valeurs humaines (et non financières). Les outils proposés sont issus des arts dramatiques et lyriques et de méthodes "psychocorporelles", donc au croisement des arts et du "développement personnel". L’action n’est pas d’ordre thérapeutique. Elle n’a pas de but lucratif même si les interventions en entreprises à but lucratif sont possibles.
 
Références théoriques : Blandine Calais germain, anatomie pour le mouvement et la respiration ; Antoine de la Garanderie plaisir de connaître, bonheur d’être ; Boris Cyrulnik de chair et d’âme et un merveilleux malheur ; Guy Corneau la guérison du coeur ; Danis Bois le seigneur de la danse ; Alain Berthoz Le sens du mouvement ; A. Damasio L’erreur de Descartes et Le sentiment même de soi ; Lee Strasberg, Augusto Boal, Ariane Mnouchkine, Barba, Grotowski, etc. INTERNET :
 

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